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Historique


Les origines

La guipure en Auvergne

Les dentellières
Vivant en limite de la Haute-Loire, plusieurs de mes ancêtres féminins complétaient leurs maigres revenus
en confectionnant la
dentelle du Puy, expression employée pour désigner la dentelle aux fuseaux.i


Fin XVII° siècle, outre la pratique
de la religion, les béates
(du latin : bénies de Dieu) propagent
la technique de la dentelle dans les
campagnes vellaves. Leurs maisons,
les assemblées, rassemblent précisément hommes, femmes et enfants du village,
quand arrive le soir : ce sont les couviges,
au cours desquelles nos dentellières pratiquent leur spécialité. Les béates ont aujourd'hui disparu; seules subsistent
en Velay leurs assemblées.


Un carreau et ses fuseaux

A la même époque, pour faciliter le commerce de la dentelle du Puy, dont
l'un des obstacles à son développement
est la dispersion de la main d'ouvre,
des intermédiaires, appelées leveuses, s'organisent entre dentellières et négociants. Ces derniers leur fournissent
le fil et les modèles. Elles sont souvent
les seules à connaître les dentellières, elles sont donc libres de fixer le prix d'achat de la dentelle et ceci sans contrainte.
Elles font ensuite le tour des villages où demeurent les dentellières pour en récupérer (lever) le travail, les exploitant parfois en leur versant une somme inférieure au prix convenu, sous prétexte
de malfaçons ou de salissures.

Historique

Malgré tout, la dentelle constitue
un appoint pécuniaire non négligeable.


Napperon en dentelle du Puy

A la belle saison, seules les femmes
âgées poursuivent leur activité sous
l'orme du village, alors que leurs
compagnes valides s'adonnent
aux travaux de la ferme.

Le XVIII° siècle surtout connut l'essor de
cette industrie, la seule d'ailleurs rendue possible à l'époque, par la dispersion
des lieux habités. La dentelle était même vendue à l'extérieur de l'Hexagone.
En 1859, Georges Sand, lors de
son voyage dans la région, admire
ces filles qui font de la
"si belle dentelle", mais critique
fermement les conditions de travail,
de trafic et d'exploitation de
ces travailleuses :
la dentelle est alors payée au pays
20 sous l'aune (ancienne mesure
de longueur valant 1,188 m)
...et 20 fois plus (20 francs) à Paris !
En 1865, on comptait encore
808 béates en Haute-Loire.



Elles n'eurent plus le droit d'enseigner
en 1904. L'allongement de la scolarité obligatoire n'est pas étranger non plus
à leur disparition.
Au XIX° siècle, la plupart des femmes
du Velay savaient manier les fuseaux
sur leur carreau...


Groupe de dentellières à Viverols

Dans les années 1960,l'enseignement de la dentelle est supprimé au Puy,
une décision ministérielle mettant un terme à cette spécialité. Que les amoureux de la dentelle se rassurent ! Depuis, la ville a remis à jour cet enseignement précieux qui fait partie de son patrimoine culturel : des écoles sont créées et des cours donnés.
De nombreux touristes français ou étrangers viennent visiter la cité, notamment pour sa dentelle.
Aujourd'hui, la dentellière au fuseau revient sur le devant de la scène. Cette industrie, qui s'est modernisée, connaît un certain essor notamment grâce aux commandes de pays étrangers.